Les gestes qui sauvent

I – Protéger- Alerter

Protéger

La protection du lieu de l’accident doit être la première initiative du sauveteur afin d’éviter un sur-accident pour lui-même, la victime ou les témoins.

Avant de porter secours, posez-vous les bonnes questions : Est-ce qu’il persiste un danger ? Si c’est le cas, est-ce que je peux le supprimer moi-même ? :

Si oui : réaliser la protection soi-même, la victime ou les témoins (exemple : couper ou faire couper le courant électrique…)

Si non : Ne pas s’approcher, empêcher les témoins de s’approcher de la zone dangereuse (exemple : fuite de gaz…)

Alerter

L’alerte détermine le devenir des blessés, c’est une action capitale.

Elle permet, lorsqu’elle est bien effectuée, l’envoi et l’arrivée rapide de moyens de secours adaptés sur les lieux de l’accident.

L’alerte se fait donc le plus rapidement possible après avoir protégé et réalisé un examen de la ou les victimes.

Après l’analyse rapide de la situation, envoyez un témoin (s’il y en a un) transmettre le message d’alerte.

numro urgence pompier samu police france golocalisation

Les numéros d’alerte

  • Le 15 : Numéro du SAMU : qui a en charge l’ensemble des problèmes médicaux d’urgence.
  • Le 18 : Numéro des POMPIERS : qui assurent les premiers secours (en cas d’incendie, d’accident de la route…)
  • Le 112 : Numéro d’urgence européen : qui peut être composé à partir des téléphones fixes ou mobiles et qui permet d’obtenir le centre de secours le plus proche du lieu d’appel.
  • Le 17 : Numéro de la POLICE ou GENDARMERIE : en cas d’urgence concernant un accident de la route, un trouble de l’ordre public ou une infraction pénale.

Il est indispensable de vérifier auprès du témoin qui appelle les secours, que le message transmis est complet.

En effet, celui-ci doit comporter plusieurs éléments qu’il est impératif de communiquer : 

  • Le numéro de téléphone d’où l’on appelle,
  • La nature de l’accident et les dangers éventuels qui persistent,
  • Le lieu précis de l’accident (ville, rue, numéro, bâtiment, étage…),
  • Le nombre de victimes concernées,
  • La description de l’état des blessés et les premiers gestes effectués.

Une fois le message d’alerte transmis, NE JAMAIS RACCROCHER LE TÉLÉPHONE LE PREMIER, attendre les consignes de la personne que vous avez au bout du fil.

 

II – L’inconscience

Comment reconnaître une personne inconsciente ?

Vérifiez son état de conscience en lui demandant de vous serrer la main, d’ouvrir les yeux, de répondre à une question. S’il ne répond pas et n’a pas de réaction, il est inconscient.

L’inconscience peut entraîner une obstruction des voies aériennes.

En effet, les muscles sont relâchés, ce qui peut entraîner une obstruction des voies aériennes par la chute de la langue vers l’arrière dans le fond de la gorge.

Commencer par libérer les voies aériennes :

  • Desserrez tout ce qui peut gêner la ventilation (bouton du pantalon, cravate, col…).
  • Basculez prudemment la tête en arrière, une main sur le front, l’index et le majeur de l’autre main sous le menton en le tirant vers le haut.
  • Vérifiez que rien n’obstrue les voies aériennes supérieures.
  • Retirez d’éventuels corps étrangers visibles.
  • Approchez la joue de la bouche et du nez de la victime et percevez ou écoutez la respiration, la tête tournée vers le ventre, pendant 10 secondes, sentez son souffle sur votre joue.
  • Observez les mouvements respiratoires, écoutez d’éventuels bruits anormaux.

Maintenant que nous avons constaté que la victime est inconsciente mais qu’elle respire, nous allons la mettre en position latérale de sécurité (PLS).

  • Placez vous à genoux à côté de la victime.
  • La victime doit être placée sur le dos, les jambes allongées et alignées dans l’axe de son corps.
  • Écartez le bras du côté du retournement, à l’angle droit de son corps et pliez le coude à 90° tout en gardant la paume de sa main vers le haut.
  • Prenez l’autre bras de la victime, collez votre main à la sienne par la paume.
  • Placez le dos de sa main contre son oreille du côté où vous vous trouvez.
  • Veillez à garder la main de la victime pressée contre son oreille, votre paume contre la sienne.
  • Saisissez la jambe la plus éloignée de vous avec l’autre main, juste derrière le genou, et soulevez-la tout en gardant le pied au sol.
  • Faites tourner la victime vers vous en tirant sur sa jambe jusqu’à ce que le genou touche le sol.
  • Retirez délicatement la main placée sous la tête de la victime afin de ne pas entraîner sa main et d’éviter ainsi tout mobilisation de sa tête.
  • Réajustez la jambe de façon à la mettre en angle droit.
  • Enfin, ouvrez la bouche de la victime, sans mobiliser la tête, afin de permettre l’écoulement des liquides (vomissement, sang…) vers l’extérieur.
  • En attendant les secours, continuez à surveiller la victime, principalement sa respiration et son état de conscience.

 

III – L’étouffement

L’étouffement de l’adulte et de l’enfant de plus de 1 an.

L’obstruction des voies aériennes peut être partielle ou totale.

Si l’obstruction est partielle, la victime respire encore et elle aura comme réflexe de tousser. Il n’est pas utile de pratiquer de gestes de secours. Il suffit simplement d’expliquer à la victime de rester calme, l’installer confortablement et encouragez-la à tousser. Demandez quand même un avis médical et surveillez la victime attentivement.

Si l’obstruction est totale, la victime porte les mains à sa gorge, panique et s’agite. Elle ne peut ni parler, ni tousser. 

Elle peut perdre connaissance très vite, c’est pourquoi il faut agir rapidement.

  • Penchez la victime en avant et soutenez son thorax avec une main.
  • Avec le plat de l’autre main, vous allez lui donner 5 claques vigoureuses dans le dos entre les deux omoplates.
  • Si les claques dans le dos sont inefficaces, on va réaliser 5 compressions abdominales selon la manœuvre dite « d’Heimlich ».
  • Elle consiste à comprimer brutalement la partie supérieure de l’abdomen (au dessus du nombril) pour provoquer une surpression à l’intérieur du thorax et ainsi expulser le corps étranger hors des voies respiratoires.
  • Placez-vous derrière la victime et collez-vous à elle.
  • Passez vos bras sous les siens et entourez-lui la taille.
  • Penchez la victime en avant.
  • Placez un de vos poings fermé (paume orientée vers le sol) dans le creux de son estomac (au dessus du nombril et sous le triangle formé par les côtes).
  • Saisissez votre poing avec votre autre main.
  • Maintenez vos coudes écartés au maximum pour ne pas appuyer sur les côtes de la victime.
  • Enfoncez le poing d’un coup sec, vers vous et vers le haut.
  • Si la manœuvre n’a pas été efficace, alterner 5 claques vigoureuses dans le dos puis 5 compressions abdominales et ainsi de suite.
  • Si la victime perd connaissance, procédez à la réanimation cardio-respiratoire.

Une fois les voies aériennes dégagées, consultez un médecin ou rendez-vous dans un centre de soins pour avoir un avis médical.

L’étouffement de l’enfant de moins de 1 an.

Avec les nourrissons et les enfants de moins de 1 an, la manœuvre de Heimlich ne peut être pratiquée.

  • Placez l’enfant à plat ventre sur votre avant-bras, le visage dirigé vers le sol.
  • Maintenez sa tête avec vos doigts de part et d’autre de sa bouche, tout en évitant d’appuyer sur sa gorge.
  • Avec le plat de l’autre main, donnez lui 5 claques vigoureuses entre les omoplates.

Si les 5 claques dans le dos sont inefficaces, il faut pratiquer 5 compressions thoraciques.

  • Placez votre avant-bras contre le dos de l’enfant et votre main sur sur sa tête, l’enfant est alors entre vos deux avant-bras et vos deux mains.
  • Retournez-le sur le dos, tout en le maintenant fermement, puis allongez-le tête basse sur votre avant-bras et votre cuisse.
  • Effectuez 5 compressions sur le devant du thorax avec deux doigts au milieu de la poitrine sur la partie inférieure du sternum, sans appuyer sur son extrémité inférieure.
  • Répétez cette manœuvre jusqu’à ce que que le corps étranger soit expulsé.
  • Si les voies respiratoires sont dégagées mais le corps étranger n’a pas été recraché, retirez-le de la bouche de l’enfant avec vos doigts, en veillant à ne pas l’enfoncer de nouveau dans la gorge de l’enfant.

Une fois les voies aériennes dégagées, consultez un médecin ou rendez-vous dans un centre de soins pour obtenir un avis médical.

 

IV – L’arrêt cardio-respiratoire

L’arrêt cardio-respiratoire de l’adulte

En général, la victime est inconsciente, ne réagit plus, ne respire plus.

  • Placez la victime sur le dos, sur un plan dur.
  • Agenouillez-vous à ses côtés et, si possible, dénudez sa poitrine.
  • Placez le talon d’une main sur le haut de la moitié inférieure du sternum. Cet appui doit se faire sur la ligne médiane, jamais sur les côtes.
  • Placez l’autre main au-dessus de la première , en entrecroisant les doigts des deux mains.
  • Poussez vos mains rapidement vers le bas, les bras bien tendus, les coudes bloqués, puis laissez-les remonter.
  • Veillez à rester bien vertical par rapport au sol et à ne pas balancer votre tronc d’avant en arrière.
  • Les mains doivent rester en contact avec le sternum entre chaque compression.
  • Le thorax doit reprendre ses dimensions initiales après chaque compression.
  • Toutes les 30 compressions, intercalez 2 insufflations.
  • Le passage des insufflations aux compressions et des compressions aux insufflations doit être effectué aussi rapidement que possible, sous peine de diminuer l’efficacité de la réanimation cardio-pulmonaire.
  • La fréquence des compressions sternales doit être de 100 par minute, quel que soit l’âge, associée à 8 à 10 insufflations.
  • Poursuivez les manœuvres de réanimation et surveillez leur efficacité. 
  • Tous les 5 cycles de 30 compressions et 2 insufflations chez l’adulte, interrompez les manœuvres pour rechercher la présence de signes de circulation (comme la survenue de toux ou de mouvement de la victime, ou la reprise de sa respiration). Cette recherche ne doit pas durer plus de 10 secondes.

Si les signes de circulation, dont la respiration, sont présents, installez la victime en position latérale de sécurité et surveillez en permanence sa respiration.

Si la respiration s’arrête de nouveau, ou en cas de doute, remettez la victime sur le dos et recommencez la réanimation cardio-pulmonaire.

Si les signes de circulation sont absents, poursuivre la réanimation cardio-pulmonaire et ainsi de suite jusqu’à l’arrivée des secours.

Le bouche-à-bouche ou insufflation

  • Agenouillez-vous à côté de la victime, près de son visage.
  • Avec la main placée sur le front, obstruez le nez en le pinçant entre le pouce et l’index pour empêcher toute fuite d’air par le nez, tout en maintenant la tête en arrière.
  • Avec la main placée sous le menton de la victime, ouvrez légèrement sa bouche tout en maintenant  son menton soulevé.
  • Après avoir pris une inspiration profonde, appliquez votre bouche largement ouverte autour de la bouche de la victime en appuyant fortement  pour éviter toute fuite.
  • Insufflez en une seconde jusqu’à ce que la poitrine de la victime commence à se soulever.
  • Redressez-vous légèrement, reprenez votre souffle tout en regardant la poitrine de la victime s’affaisser.

https://www.essr.ch/blog/reanimation

L’arrêt cardio-respiratoire chez l’enfant et le nourrisson

Chez l’enfant, les compressions thoraciques sont réalisés avec un seul bras.

  • Placez le talon d’une main sur la moitié inférieure du sternum.
  • Bien relever les doigts pour ne pas appuyer sur les côtes.
  • Se placer bien au dessus de l’enfant, à la verticale de sa poitrine, et avec le bras tendu comprimer le sternum d’environ 3 à 4 cm.
  • Renouveler les compressions thoraciques à une fréquence d’environ 100 par minute.
  • Après 15 compressions, basculer la tête de l’enfant en arrière, élever le menton et réaliser 2 insufflations.
  • Replacer le talon de la main à la bonne position et réaliser 15 nouvelles compressions.
  • Continuer à alterner 15 compressions sternales avec 2 insufflations jusqu’à l’arrivée des secours.

Chez le nourrisson

  • Localiser le sternum du nourrisson et placer la pulpe de 2 doigts d’une main dans l’axe du sternum, une largeur de doigt au-dessous d’une ligne droite imaginaire réunissant les mamelons de l’enfant.
  • Comprimer régulièrement le sternum avec la pulpe des deux doigts d’environ 2 à 3 cm et à une fréquence de 100 par minute.
  • Après 15 compressions, basculer la tête du nourrisson en arrière, élever le menton et réaliser 2 insufflations.
  • Replacer la pulpe des doigts immédiatement à la bonne position et réaliser 15 nouvelles compressions.
  • Continuer d’alterner 15 compressions sternales avec 2 insufflations jusqu’à l’arrivée des secours.

 

V – Le défibrillateur semi-automatique (DSA)

Dès qu’un défibrillateur automatisé externe (DAE) est disponible

  • Appuyez sur le bouton marche/arrêt du DSA.
  • Suivez impérativement les indications vocales et/ou visuelles données par l’appareil, elles permettent de réaliser les différentes opérations plus rapidement et en toute sécurité.
  • Le DSA demande de connecter les électrodes et de les placer sur la poitrine de la victime. La position des électrodes doit être conforme au schéma visible sur les électrodes ou sur leur emballage.
  • Une fois connecté, le DSA effectue une analyse du rythme cardiaque.

Si le choc est nécessaire

  • Le DSA annonce qu’un choc est indiqué et demande de se tenir à distance de la victime.
  • Assurez-vous que personne ne touche la victime.
  • Laissez le DSA déclencher le choc électrique ou appuyez sur le bouton « choc » quand l’appareil le demande.
  • Débutez ou reprenez sans délai les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire en commençant par les compressions sur la poitrine. Ne retirez pas les électrodes de défibrillation.
  • Continuez à suivre les recommandations de l’appareil.

Si le choc n’est pas nécessaire

  • Le DSA propose de réaliser les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire en commençant par les compressions sur la poitrine, ne retirez pas les électrodes de défibrillation.
  • Continuez à suivre les recommandations du DSA jusqu’à l’arrivée des secours.

Le défibrillateur peut être utilisé chez l’adulte et l’enfant mais surtout pas chez le nourrisson.