La pose d’une sonde naso-gastrique

 

DÉFINITION

L’intubation gastro intestinale est l’insertion par voie orale ou nasale d’une sonde dans l’estomac, voir du duodénum ou du jéjunum.

LÉGISLATION

1        Le décret du 22 juillet 2004, article 6, indique que la pose de la sonde gastrique ne peut être réalisée que sur prescription médicale ou protocole écrit.

2        Relève du rôle propre le changement de sonde (ex : sonde bouchée), ainsi que les soins et surveillances afférentes.

LES BUTS ET INDICATIONS

Obtenir la vacuité gastrique (liquide et gaz) pour :

  • Eviter la stase liquidienne (sténose, occlusion, iléus post op…)
  • Prévenir les vomissements (post op, coma, occlusion…)
  • Protéger un site anatomique (anastomose, lésion ulcéreuse…)
  • Evacuer le contenu de l’estomac en cas d’intoxication

Indication diagnostique

  • Localiser et drainer une hémorragie digestive haute
  • Analyser le liquide gastrique

Fournir une voie d’abord

  • Nutrition entérale et/ou médicaments
  • Lavage gastrique

CONTRE INDICATIONS

  • Suspicion de fracture de l’étage antérieur (traumatisme crânio-facial)
  • Les obstacles œsophagiens ou ORL (atrésie, néo…)

MATÉRIEL

Caractéristique des sondes

  • Sondes de drainage (type Salem) : munies d’une prise d’air
  • Sondes d’alimentation (type Lévine) : lumière unique

Dans tous les cas

  • Une protection
  • Des gants non stériles
  • Des compresses non stériles
  • Spray siliconé (sauf pour sondes en silicone), ou Huile de vaseline, ou de l’eau
  • Du sparadrap, ou système de fixation type Elastoplast
  • Un verre d’eau
  • Un stéthoscope
  • Un haricot
  • Une seringue à embout conique de 50ml (petit/enfant)
  • Une sonde adaptée à l’indication et à la personne

Selon l’indication

  • Si drainage : sac collecteur + support.
  • Si tubage à but diagnostic : tubes de prélèvements.
  • Si aspiration : manomètre, sac de recueil + support, tuyau, raccord biconique.
  • Si alimentation entérale : Nutripompe + tubulure adaptée, sinon tubulure régulatrice de débit, une bouteille d’eau, un verre, le sac d’alimentation.

TECHNIQUE

  • Vérifier la prescription médicale, ou s’assurer de l’indication, ou du protocole écrit.
  • La sonde naso-duodénale, ou naso-jéjunale, est posée par le médecin.
  • La pose de la SNG se fait loin des repas.

Chez le patient conscient

Pour une sonde simple :

  • Informer : soin non douloureux mais désagréable.
  • Informer pourquoi on le pose.
  • Faire enlever les prothèses dentaires (la sonde s’enroule derrière).
  • Faire moucher le patient avant (pour libérer les narines).
  • Prendre en compte si le patient dit qu’il a une déviation ou une narine plus étroite.
  • Autour du nez, nettoyer la peau à l’eau et au savon, surtout si elle est grasse, bien sécher.
  • Mise en position assise ou demi-assise, avec une protection sur lui.
  • Mesurer la sonde : bout du nez, derrière l’oreille, appendice xiphoïde, et repérer l’endroit qui sera fixé sur le nez.
  • Lubrifier le bout de la sonde (si en pvc, la tremper dans le verre d’eau).
  • Introduire tout doucement la sonde sur 10 cm à peut près (carrefour).
  • Demander d’avaler et de baisser la tête, et au moment de la déglutition faire descendre la sonde un peu plus franchement (on la vrille un peu).
  • Aller jusqu’au repère.
  • Demander d’ouvrir la bouche pour vérifier que la sonde soit bien descendue et non enrouler dans la bouche.
  • Si nausée : on arrête (pause).
  • Si tousse ++ : la sonde est dans les bronches, la retirer et recommencer.
  • Vérifier d’être bien dans l’estomac : test à la seringue, (stéthoscope au niveau épigastrique, seringue remplie d’air abouché à la sonde, une fois en place on pousse l’air assez franchement et écoute du « gloup gloup »).
  • Personne obèse : possibilité de radio de contrôle.
  • Ré aspiration de l’air une fois la sonde mise en place.
  • Fixer la sonde au niveau de l’arrête du nez.
  • Brancher l’aspiration ou l’alimentation…
  • Transmission.

Pour une sonde mandrin (surtout posée par le médecin) :

  • Vérifier que le mandrin soit à la taille de la sonde.
  • Le mandrin sera retiré par le médecin une fois le sondage fini.

Chez le patient inconscient 

  • Chez un patient déjà intubé (l’intubation peut gêner le passage de la sonde…).
  • Le patient sera allongé.
  • Sinon même technique que le patient conscient.

Attention : l’absence de toux ou de résistance durant la pose ne présume pas de la bonne position de la sonde (abolition du réflexe tussigène…).

Un contrôle radio peut être prescrit selon la situation, notamment en cas de doute quant à l’emplacement de la sonde.

Il est impératif de vérifier le bon positionnement de la sonde au moins une fois par jour et systématiquement avant chaque instillation (alimentation, médicaments…).

Le système de fixation se change dès que nécessaire.

INCIDENTS ET ACCIDENTS

Lors de la pause 

  • Absence de coopération de la personne.
  • Epistaxis, traumatisme à l’introduction.
  • Trajet sous muqueux.

Secondaires 

  • Irritation.
  • Ulcération des muqueuses nasales, du pharynx, de l’œsophage, de l’estomac…
  • Risques d’escarres de l’aile du nez et de l’oreille.

SURVEILLANCE INFIRMIÈRE

  • Prévenir et surveiller la survenue de complications possibles.
  • Assurer une hygiène rigoureuse du nez et de la bouche.
  • Surveillance pluriquotidienne de l’aspect et du volume des sécrétions è à introduire, éventuellement, dans le bilan entrée/sorties (signaler au médecin si + 500ml/jour).
  • S’assurer de l’étanchéité et de la perméabilité du système (coudes, débranchement…).
  • Si aspiration, prise d’air ouverte et dépression… 400 mbar maximum, sinon risque de ventouse des parois, et donc d’ulcération de la muqueuse (sur prescription médicale).
  • En cas de pose pour nausées vomissements (post-op, iléus…), la sonde est retirée après une épreuve de clampage prescrite.

RÈGLES ET CONSEILS

  • Rincer la sonde avant et après le passage des médicaments et/ou de l’alimentation, avec de l’eau en bouteille : prévention du risque d’obstruction.
  • Broyer les médicaments lorsque la rupture de l’intégrité de la forme galénique le permet.
  • Il n’existe pas de préconisation uniforme en matière de fréquence de changement de sonde (tant qu’elle est fonctionnelle on ne la touche pas…).
  • En cas de retour à domicile avec la sonde, l’éducation de la personne et/ou de ses proches doit être anticipée et évaluée è prévoir un suivi soignant si nécessaire.

 

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