DÉFINITION

Une escarre se définit comme une nécrose ischémique des tissus comprise entre le plan du support sur lequel repose le sujet et le plan osseux.

Donc toute personne présentant des risques d’escarres doit être prise en charge globalement ce qui implique un travail d’équipe n’excluant pas la participation du patient lui-même et de sa famille.

 

ÉPIDÉMIOLOGIE

  • Moyenne d’âge de survenue 75 ans.
  • Le stade 1 représente la moitié des escarres (rougeur qui ne disparaît pas à la pression).
  • Plus d’une escarre sur deux se constituent durant l’hospitalisation.
  • Les localisations les plus fréquentes sont aux talons et  au sacrum.
  • Le traitement de l’escarre constituée est long, douloureux pour le patient et douloureux pour la société par son coût élevé.

 

 

LÉGISLATION

Dépend du décret 2004-802 du 29/07/04 article R4311-5

22° dans le cadre de son rôle propre, l’infirmier accomplit la prévention et les soins des escarres.

 

PROCESSUS DE FORMATION DE L’ESCARRE

La constitution d’une escarre est favorisée par :

  • des facteurs mécaniques ou facteurs de risque extrinsèques
  • des facteurs cliniques ou facteurs de risques intrinsèques

 

1)      Les facteurs mécaniques 

  • Compression prolongée
  • Cisaillements ou étirements
  • Friction ou frottement
  • Macération

2)      Les facteurs cliniques

  • Altération de la mobilité et de la sensibilité
  • Pathologies vasculaires
  • Maladies générales
  • Dénutrition protéino-énergétique
  • Incontinence sphinctérienne
  • L’état du revêtement cutané
  • Altération de la conscience
  • L’âge

 

LOCALISATION DES ESCARRES

L’escarre se constitue au niveau de toutes les zones d’appui (saillie osseuse) en fonction de la position du patient au lit ou au fauteuil.

Décubitus dorsal :

  • talons
  • sacrum
  • coudes
  • omoplates
  • arrière de la tête (occiput)

Décubitus latéral :

  • malléoles internes et externes
  • condyles médians et latéraux
  • grand trochanter
  • côtes
  • acromion
  • oreilles

Décubitus ventral :

  • orteils
  • genoux
  • organes génitaux (homme)
  • seins
  • sternum
  • acromion
  • joue
  • oreille

 Position assise :

  • les ischions
  • les pieds
  • sacrum
  • omoplates

 

QUE FAIRE ?

  • Se sentir concernés par la prévention
  • Engager la famille et le patient à lutter contre ce fléau
  • Appliquer les méthodes de prévention

 

GENERALITES

Rôle infirmier :

  • Maintenir une excellente hygiène pour éviter la macération, un change régulier de la literie.
  • Eviter les plis dans le lit et les objets divers pouvant entraîner une compression.
  • Pour les patients qui se souillent faire des changes et toilette plus souvent, au besoin protéger les zones exposées avec des hydrocolloïdes minces.
  • Faire attention

Evaluer les risques d’atteinte cutanée du patient à l’entrée dans le service

Utiliser une échelle de risque

Examen des zones à risques pluri-quotidien

  • Locomotion

Favoriser le lever et la marche.

  • Alimentation

Favoriser l’apport de protides (poissons viandes laitages…)

Surveiller l’apport alimentaire par une feuille de surveillance.

Favoriser l’hydratation supérieur ou égale à 1 litre, au besoin utiliser l’eau gélifiée.

Eviter diarrhée ou constipation.

Sur prescription médicale, voir avec le diététicien pour nutriments hyperprotéinés en supplément d’une ration alimentaire trop faible.

  • Matériel

Les matelas ou sur matelas spéciaux visent à diminuer les pressions et à les soulager.

Ils seront installés dès qu’il y a risque.

Respecter les consignes d’utilisation du matériel.

Ils sont munis d’alèses spécifiques utiles à leur efficacité.

Matelas et coussins :

  • matelas à eau et mousse (cliniplot)
  • coussins gel et mousse
  • surmatelas à air
  • coussins à cellules pneumatiques

 

PRÉVENTION

  • Mobilisation

Changer les positions du patient (2h/3h)

Alterner décubitus latéral, dorsal, ventral, demi-latéral, demi-dorsal

Surveillance par une feuille de changement de position :

  • changer les points de pression à l’aide de coussins
  • ne pas engendrer de lésions de positions (éviter les attitudes vicieuses)
  • pose de protections sur les zones de frottements ou hydrocolloïdes minces
  • contrôler la compression par rampes, tubulures, sondes vésicales, nasales…

 

  • Effleurage avant atteinte (à mains nue)
    • utiliser un produit gras non agressif
    • au minimum une fois par équipe
    • maximum deux fois par équipe
    • observer, transmettre l’état de la peau

Si rougeur l’effleurage produit des micros lésions interne.

 

  • Évaluation
    • évaluer régulièrement à l’aide des outils des services l’efficacité de l’ensemble des actions (une fois par semaine) et réajuster.

 

PROSCRIRE

  • Les pétrissages de la peau saine
  • L’effleurage de la lésion
  • L’utilisation du chaud et du froid
  • L’application de produits colorants (éosine) qui masque l’érythème
  • L’application de produits desséchants (alcool, eau de Cologne…)

 

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