INTRODUCTION

La colique néphrétique est constituée de spasmes secondaires à la distension d’un composant, ou de plusieurs composants de l’appareil urinaire (rein, uretère, vessie, urètre). La caractéristique majeure de la colique est la répétition d’accès douloureux très violents, entrecoupés d’épisodes d’accalmie.

 

PHYSIOPATHOLOGIE

Il y a formation d’une lithiase (calcul) lorsqu’un composé présent dans l’urine, normalement à l’état soluble, se transforme en un solide cristallin. Ce passage d’un état à l’autre est favorisé par les faits suivants :

  • Augmentation de la concentration urinaire.
  • Le PH urinaire a un rôle important en fonction de la composition chimique de la lithiase.
  • Toute stase anormale de l’urine ou présence de corps étranger dans les voies urinaires.
  • Déficience qualitative ou quantitative des inhibiteurs physiologiques de la cristallisation.

 

ÉPIDÉMIOLOGIE

La fréquence de la maladie est en augmentation, à prédominance masculine, touchant environ 1% des hommes entre 40 à 60 ans. Elle est fréquente dans les pays chauds ou à niveau de vie élevé. Elle comporte un risque élevé de récidive, touchant 50% des patients 5 ans après le premier épisode et 70% après 10 ans.

 

SYMPTÔMES

  • Pollakiurie (fréquence excessive des mictions avec expulsion de l’urine contenue dans la vessie).
  • De sueur, d’une angoisse, d’une pâleur liée à la douleur.
  • Hématurie microscopique dans 90% des cas lors de la bandelette urinaire.
  • Survenue brutale de douleurs typiques se situant dans les fosses lombaires d’un seul côté (unilatéralement) et irradiant dans les organes génitaux, le flanc. Il s’agit de douleurs pouvant être comparées à un broiement, une brûlure, un déchirement dont l’intensité très importante et dont l’évolution se fait par épisodes de renforcements paroxystiques (survenant par accès).
  • Le patient apparaît classiquement très agité (on parle de colique frénétique) et le patient ne trouve aucune position antalgique (susceptible de lui apporter une accalmie)
  • A la palpation qui n’est pas facile, le patient se défend, celle-ci s’accompagne de douleurs ce qui permet quelquefois de faire le diagnostic différentiel avec une péritonite, une appendicite, un ulcère perforé. Le médecin profite de cet examen du patient pour vérifier s’il n’existe pas de hernie et que sa tension artérielle est normale.

En effet en présence d’une hypotension artérielle, il faut penser à un infarctus viscéral (arrêt de la vascularisation d’un viscère).

  • Les urines sont troubles et quelquefois le patient a du mal à uriner. Et surtout si les douleurs ne sont pas calmées par le traitement médical (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens et parfois morphine) il y a urgence.
  • La colique néphrétique peut également apparaître sous un tableau clinique différent, c’est-à-dire non accompagné de douleurs brutales, sans fièvre, les urines étant limpides, le patient urine normalement, les douleurs disparaissent spontanément par un traitement médical, les examens complémentaires sont normaux, il n’y a pas d’urgence.

 

EXAMENS COMPLÉMENTAIRES

  • L’échographie est susceptible de préciser le diagnostic.
  • La radiographie de l’abdomen sans préparation (ASP) est également nécessaire. Le calcul étant quelquefois radio transparent, c’est-à-dire laissant passer les rayons X, il existe un risque de faux négatif. C’est le cas entre autres des calculs constitués d’acide urique, ou encore si le calcul est inférieur à 2mm, ou bien si le cliché est de mauvaise qualité. Dans certains cas l’équipe médicale peu habituée à la lecture des radios ou utilisant des films de mauvaise qualité est exposée au risque de ne pas voir le calcul.
  • Le scanner spiralé est un des examens complémentaires les plus intéressants en dehors de l’échographie.
  • L’urographie intraveineuse, qui n’est réalisée en urgence qu’en cas de doute de diagnostic, consiste à opacifier les voies urinaires grâce à une injection par voie IV d’un produit de contraste, qui ne laisse pas passer les rayons X à la radiographie.
  • Les examens cytobactériologiques permettent de mettre en évidence une bactérie à l’origine d’une éventuelle infection urinaire, pour laquelle un antibiogramme  est nécessaire.

 

COMPLICATIONS

La colique néphrétique constitue une urgence nécessitant une hospitalisation en service de chirurgie urologique.

Elle se complique quelquefois d’une infection urinaire, accompagnée d’une élévation de la température, d’une anurie, d’une hématurie. D’autre part, elle a tendance à récidiver, s’accompagnant de crises hyperalgiques récidivantes.

Un calcul de l’uretère doit être éliminé en quatre semaines à un mois.

 

TRAITEMENT

  • Absorption de bicarbonate pendant quelques mois uniquement quand le calcul est constitué d’acide urique.
  • Régime hydrique abondant (2 à 3 litres d’eau par jour). Malheureusement ce traitement est contraignant et n’est pas toujours efficace.
  • Médicaments antalgiques contenant du paracétamol, aux morphiniques, aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (Profenid qui diminue l’œdème urétral et facilite le passage de la lithiase), et aux antispasmodiques (Spasfon).
  • Certaines équipes médicales proposent une restriction hydrique modérée.
  • Surveillance du suivi des crises douloureuses et d’une éventuelle expulsion du calcul, il est nécessaire de filtrer les urines.
  • Surveillance de la température et de la diurèse.
  • La lithotritie extra corporelle est une technique qui prend en charge les calculs en utilisant des ondes de choc d’origine externe. Ces ondes, qui sont produites par un appareil appelé le lithotripteur, se propagent directement à travers la paroi du corps humain pour arriver sur le calcul. Leur but est de l’émietter de façon à permettre son évacuation au travers des voies urinaires vers la vessie. Ce traitement ne nécessite pas une hospitalisation longue et coûteuse.

Certains calculs ne sont pas accessibles à ce type de technique. C’est le cas en particulier des gros calculs sans complications chez une personne âgée, ou du petit calcul de moins de 5 mm qui ne s’évacue pas spontanément, ainsi que les calculs d’acide urique.

  • L’urétéroscopie consiste à monter une sonde dans l’uretère par les voies naturelles. Puis on réalise l’émiettement du calcul grâce à un laser. Les déchets ainsi obtenus sont récupérés par une sonde panier.
  • Le traitement chirurgical consiste à faire une néphrolithotomie percutanée, dont le but est la destruction des calculs à l’intérieur même des cavités du rein, en passant à travers la peau par l’intermédiaire d’une ouverture, dont le diamètre ne dépasse pas celui d’un doigt. Dans ce cas l’hospitalisation est d’environ quatre à huit jours.

 

RÔLE IDE

  • Calmer rapidement la douleur.
  • Rassurer le patient et lui expliquer le déroulement des soins.
  • Débuter une surveillance de température et de diurèse, tamisage des urines.
  • Restriction hydrique initiale puis adaptée par la suite.
  • Surveillance diététique importante en fonction des lithiases :

                     ⇒ Lithiase calcique : utiliser des eaux pauvres en calcium, limiter les jus de fruits, le thé, restriction en sel limitée à 6g/24 h, peu de protéines, limiter la consommation des aliments riches en oxalate (chocolat, rhubarbe, épinards, blettes, asperges, fraises, cacahuètes, coca…)

                    ⇒ Lithiase acide urique : limiter la bière, eaux riches en bicarbonates pour obtenir un PH urinaire entre 6,5 et 7. Le patient surveille lui-même son PH par bandelette, limiter les aliments tels que abats, anchois, saumon, sardines, porc…

 

 

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