Introduction

 
Le cancer du colon se développe à partir de la muqueuse du gros intestin.
70% des tumeurs se développe dans le sigmoïde (fosse iliaque gauche) ou dans le rectum (on parle de cancer colorectal).
Rappel anatomique : de l’intérieur vers l’extérieur : Muqueuse⇒ Sous muqueuse ⇒ Musculeuse ⇒ graisse ⇒ séreuse.

Rappel physiologique : Siège de la digestion, de l’absorption, du brassage, de la fermentation, de la défécation.

 

Epidémiologie

Fréquence élevée en France : 37000 nouveaux cas par an, responsables de 17 000 décès.
Les hommes sont plus touchés que les femmes.
Europe du Nord et Etats-Unis : 20 fois plus touchés que l’Afrique et l’Asie.

Constat : migrants quittant les pays pauvres pour un pays à risque important : taux de cancers augmentent dans les 10-20 ans
suivant la migration.

Facteurs de risques :

  • Age : rare avant 50 ans, fréquent vers 65 ans
  • Antécédent de polypes
  • Familiaux : proche porteur d’un cancer colorectal (mutation génétique spécifique), polypose recto-colique familiale, maladies inflammatoires chroniques du colon (Crohn, colite ulcéreuse)
  • Mode de vie : sédentarité, excès de calories ingérées ( trop riche en viande rouge, charcuterie, sel, alcool).

Donc la prévention portera sur :

  • L’alimentation : consommation en fruits et légumes (apport vitaminique : participation au contrôle de la division cellulaire, micronutriments protecteurs), huile d’ olive.
  • Lutte contre l’obésité, l’alcool, le tabac.
  • Exercice physique régulier.

 

Diagnostic

Un cancer colorectal ne donne pas forcément de signes.
Donc après 50 ans, on recommande des tests de détection : recherche de saignement occulte.

  • Test Hémoccult II tous les 2 ans à partir de 50 ans
  • Coloscopie si positif

Fréquence de dépistage et de surveillance dépend du risque moyen, élevé ou très élevé de la population concernée.

Signes de découverte :

  • Troubles du transit : constipation soudaine ou qui s’aggrave, diarrhée prolongée, alternance diarrhée/constipation.
  • Rectorragies (à distinguer des hémorroïdes)
  • Anémie (due aux saignements occultes), amaigrissement inexpliqué, petite fièvre persistante.
  • Douleurs abdominales
  • Hépatomégalie (tardive) : métastases hépatiques

Examens :

  • Toucher rectal : évaluation d’extension d’un cancer rectal bas, élimination de pathologies anales ou rectales.
  • Coloscopie (sous brève anesthésie générale) : visualiser le gros intestin, biopsie, exérèse de polypes.

Examens complémentaires : si cancer diagnostiqué, préciser l’étendue.

  • Echographie endo-rectale
  • Radiographie du thorax : recherche de métastases pulmonaires
  • Echographie abdominale et bilan hépatique : métastases hépatiques
  • Dosage marqueurs tumoraux : ACE (non spécifiques), CA 19-9 (intérêt pronostic)
  • IRM, Scanner, scintigraphie osseuse.

 

Traitement

La chirurgie :
On évite une opération mutilante : stomie, chaque fois que cela est possible (dépend de la localisation et de l’étendue).

  • Polypectomie suffisante si intra muqueux
  • Colectomie segmentaire partielle (si envahissement de la sous muqueuse) , Hémi-colectomie gauche avec colostomie et rétablissement de la continuité a posteriori ou anastomose colo-colique.
  • Colon droit et transverse : hémi-colectomie droite et anastomose iléo-colique.
  • Colectomie totale si lésions coliques ischémiques pré-perforatives.
  • Cancer du sigmoide : colectomie du segment sigmoïdien et anastomose colo-rectale.
  • Curage ganglionnaire : technique du ganglion sentinelle.

Chirurgie par laparotomie ou coelioscopie.
Chirurgie dans le cas de métastases hépatiques localisées.

La chimiothérapie :
Soit en chimiothérapie néo-adjuvante, Soit après la chirurgie, en traitement complémentaire, Soit dans les formes évoluées ou dans les cas de rechute.
Drogues utilisées : 5FU, Acide Folinique, Oxaliplatine, Irinotécan, 

Anticorps monoclonaux : molécules qui s’attaquent aux vaisseaux irriguant les tumeurs, Erbitux.

La radiothérapie :

  • Colon : peu d’indication car chirurgie efficace.
  • Rectum : indication majeure surtout pour traiter les ganglions (très bons résultats).

Si tumeur basse, radiothérapie avant la chirurgie afin de réduire le volume tumoral pour que le geste chirurgical soit possible pour éviter la stomie (1 cm de sécurité suffit).

  • Canal anal : indication majeure, radiothérapie exclusive ; combinaison radiothérapie externe et curiethérapie.

Pronostic : variable selon l’envahissement de la paroi, le stade de découverte. Plus le stade de découverte est précoce, plus le pronostic sera positif.

 

Surveillance après traitement

  • Coloscopie : à 2 ans, à 3 ans, à 5 ans puis tous les 5 ans.
  • Tous les ans ou plus : examen clinique, radio thoracique, échographie abdominale, dosage des marqueurs (ACE).

 

Plus spécifiquement, les soins infirmiers porteront sur :

Préparation pré-opératoire (sauf intervention en urgence) :

  • Préparation colique pour faciliter l’intervention et prévenir les risques septiques : alimentation sans résidu (J – 5), passage de l’alimentation solide à l’alimentation liquide (J – 1).
  • Désinfection et évacuation intestinale.
  • Surveillance de la compliance aux traitements et des répercussions physiques et psychiques sur le patient surtout âgé.

Surveillance des complications post-opératoires :

Précoces :

  • Hémorragies
  • Nécrose de la stomie (couleur normale : rouge luisant)
  • Éviscération : conserver dans champ stérile imbibé de sérum physiologique tiédi en attente de la reprise chirurgicale.
  • Occlusion du grêle : douleur violente abdominale.
  • Abcès
  • Fistules

Tardives :

  • Prolapsus : extériorisation d’une partie de l’intestin par la stomie, avec risque de nécrose.
  • Éventration
  • Sténoses : selles  «rubanées» , douleurs
  • Abcès, péritonite
  • Récidive du cancer : surveiller l’aspect, la quantité et la fréquence des selles.
  • Surveiller les complications liées aux traitements par chimiothérapie (troubles digestif, hématologique…) et radiothérapie (diarrhée, ténesme, rectite).

Education du Patient :

  • Compléments d’informations donnés ou reformulation (consultation IDE, stomathérapeute)
  • Rencontre avec un stomisé
  • Faire intervenir le patient dans le choix de son appareillage
  • Accompagnement Psychologique

 

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