Un accident d’exposition au sang est défini comme toute exposition accidentelle à du sang ou à un liquide biologique contenant du sang, survenue lors d’une effraction cutanée (coupure ou piqûre) ou une projection sur les muqueuses ou sur une peau lésée.

En pratique, on peut distinguer deux situations épidémiologiques différentes :

Les AES dits professionnels – touchant essentiellement le personnel de santé exposé lors de la réalisation de soins plus ou moins invasifs mettant en jeu différents liquides biologiques (sang en premier lieu, mais aussi urines,ascite, liquide céphalorachidien, liquide gastrique ou pleural…), mais aussi les personnels de nettoyage (piqûre avec du matériel injectable abandonné dans une poubelle).

Les AES dits non professionnels qui concernent avant tout les rapports à risque non protégés mais aussi les échanges de matériel injectable chez les usagers de drogue intraveineuse.

 

Risques et fréquence des AES :

Ils sont liés aux agents pathogènes présents dans le sang, notamment les virus de l’immuno-déficience humaine (VIH), virus des hépatites B (VHB) et C (VHC) dont l’infection est liée à la gravité des formes chroniques.

En France, les AES concernent au moins 800000 malades ou porteurs chroniques, soit un français sur 10.

L’incidence des AES pour les infirmières est de 8 à 10%

 

Conduite à tenir :

  • Un AES est une urgence médicale : il faut interrompre la tâche en cours.
  • Nettoyer l’endroit exposé à l’eau et au savon
  • Rincer et pratiquer une antisepsie au Dakin ou à l’eau de javel à 9°cL diluée au 1/10, pendant 5 minutes au minimum.
  • En cas de projection sur les muqueuses (œil notamment), rincer abondamment au sérum physiologique ou à l’eau pendant 5 à 10 minutes.
  • Le plus rapidement possible (au maximum dans les 4 heures), se présenter aux urgences ou à un médecin référent spécialisé dans ce type de prise en charge.

 

Suivi :

L’évaluation du risque infectieux se fait en fonction des circonstances ; type d’aiguille, profondeur de la plaie, projection, statut sérologique du patient source…

  • Si le patient source est connu comme négatif et n’a pas de comportement à risque : pas de chimioprophylaxie mais suivi sérologique
  • Si le patient source est séropositif : chimioprophylaxie et suivi sérologique
  • Si le statut sérologique du patient source est inconnu : il est souhaitable d’obtenir rapidement la sérologie de ce patient source avec son consentement, une chimioprophylaxie peut être proposée en attendant le résultat du statut sérologique du patient source.

Plus de la moitié des AES se produisent après le geste , en cas d’inattention ou de fatigue.

Pour les éviter : respecter les précautions standards, respecter la conduite à tenir dont je vous ai parlé plus haut et surtout consulter le plus rapidement possible un médecin urgentiste ou référent.

 

Source : Lionel Hugard, Mémo hygiène hopitalière, éditions Lamarre, 2007